8 Février 2023
A LA MEMOIRE DU MARTYR DJEBBAR ABDELKADER
Djebbar Abdelkader est né en 1927 à El Bayadh. Originaire du ksar Sidi Boutkhil Aïn-Sefra. Il obtient son Certificat d’Etudes Primaire le 23 mai 1942 à El-Bayadh. En 1943, il a suivi des études de Topographie à Oran. En 1945, il est recruté en qualité de technicien topographique dans une entreprise privée à Rabat (Maroc) durant deux ans. Le 10 avril 1949, il est incorporé au service militaire à Casablanca (Maroc). Le 06 octobre 1950, il est nommé caporal au 11eme du Génie. Il fait partie des compagnies qui ont été embarqués pour la guerre en Indochine. Le 23 octobre 1950, il obtient le Brevet Militaire. le 01 octobre 1951, il est nommé caporal-chef à Saïgon,. Il reçoit la médaille coloniale le 15 mai 1953. Il était un des rescapés de Dien Bien Phu. Après la défaite française, le 03 juillet 1953, il est rapatrié à Alger, puis libéré le 20 août 1953.
Il rejoint Aïn-Sefra et obtient un poste d'employé au service technique au bureau de l'administrateur. Il entre en contact avec les membres du FLN et grâce à son expérience militaire, il devient membre du comité d'organisation pour le déclenchement de la guerre de libération dans la région.
Durant le mois de mars 1956, tout un dépôt d’armes et de munitions avait été acheminé vers les montagnes avoisinantes, à dos d’ânes et de mulets mis à la disposition des moudjahidines. En ville, des bombes avaient explosé aux Cafés-Bar Levy, Lodié, et au cinéma Lavigerie des Pères Blancs. Le couvre-feu fut institué et entrait en vigueur à partir de 19 heures jusqu’au lendemain à 6 heures. Suite à ces explosions, il fut arrêté par la gendarmerie. Il était soupçonné d'être le cerveau des attentats. Dans une cave bien aménagée, il fabriquait des bombes avec des boîtes de lait Guigoz qu'il donnait aux militants pour les remettre aux fidayine de l'ALN qui activaient dans la région des monts des ksour. Il fut torturé en présence d'un mouchard. Il nia les faits. Le tribunal militaire le condamna à un an de prison ferme et il fut transféré à la maison d'arrêt de Mechéria.
Début du mois de novembre 1958, il a été arrêté puis torturé.
. Le 15 du mois, il a été criblé de balles au nord de la ville puis son corps a été mis à la morgue de l'hôpital. Du haut de la terrasse de sa maison, un agent de liaison, avait entendu la nuit ses cris. On le conduisit sur un GMC pour le fusiller : « Vive l’Algérie ! Vive l’Algérie ! Gloire à nos martyrs ! Gloire à nos martyrs ! On me conduit pour me tuer ! On me conduit pour me tuer ! » .
Il a été enterré au cimetière de Sidi Boudjemâa.
Il avait été mouchardé par un collabo du 5ème Bureau. Les Paras, les agents de renseignement du 2ème Bureau et les gendarmes encerclèrent le ksar Sidi Boutkhil et procédèrent à des fouilles et à des arrestations. Ils avaient découvert dans la maison d’un cousin, un document contenant la liste de noms des personnes qui cotisaient pour la « Jebha ». C’était son écriture qui l’avait trahi. Après confrontation, l’armée l’avait condamné à mort. Les personnes qui étaient inscrites sur la liste avaient été incarcérées, torturées puis libérées par la suite. Un rapport avait été transmis par le 2ème Bureau au ministère des anciens combattants à Paris pour le rayer définitivement de la liste des bénéficiaires de la pension militaire en tant qu’ancien d’Indochine.
Allah Yar Ham Echouhada ! Gloire à nos martyrs ! El Majd Wa El Khouloud Li Chouhadaina El Abrar. Tahia El Jazaïr ! Vive l'Algérie !