1 Avril 2026
1er récit :
AIN-SEFRA ET SA REGION
Sidi Mohamed Lokman ben Houcine ben Chouaïb dit « Abou Dakhil » saint patron de la ville a dit : « Quiconque entre dans ma ville est considéré comme un de mes fils ».
Aïn-Sefra, appelée jadis, la source jaune, la source pure qui coule des dunes immaculées, située au centre géographique des montagnes. Elle se distingue par son imposante montagne de fond bleu « Le djebel Mekter » (2061m) qui fait harmonie avec d’immenses dunes de sables disparaissant à l’horizon. Un véritable musée à ciel ouvert, tout le long du massif des Ksour, était parsemée de dessins rupestres … Elle offre un paysage très diversifié (oasis, vieux ksour, tours historiques). C’est ainsi qu’on l’appelait aussi : la capitale des Monts des Ksour. .. Des stations où se trouvent des inscriptions de l’alphabet dit libyque, ou libyco-berbère ou tifinagh, une citadelle fortifiée et une source thermale d’Aïn-Ouarka au paysage lunaire et aux gouffres jamais explorés. Une dernière trouvaille, ce sont les ossements de dinosaures végétariens à une vingtaine de kilomètres du ksar de Sfissifa…
2eme récit :
GRANDES FIGURES
CHEIKH BOU AMAMA - ISABELLE EBERHARDT
Cheikh Bou Amama engagea une des plus longues insurrections en Afrique du Nord qui avait duré un quart de siècle (1881-1908) contre l’occupation française. Né en 1833 à Moghrar Tahtania, ksar est situé à 70 kms d’Aïn-Sefra (Sud Oranais). Il créa sa propre confrérie « Tariqâ El Imaniya » qui dérivait de la Cheikhiya. Devenu le principal adversaire, auquel Lyautey et la France coloniale reconnaissent sa grande volonté farouche de résistant et son titre de grand chef après l’Emir Abdelkader… il mourut dans la nuit du 12 Ramadhan 1330 (07 octobre 1908) suite à une longue maladie. Sa mort fut célébrée par des youyous en l’honneur du martyr.
Durant l’année 1903, il reçoit dans son quartier général la journaliste Isabelle Eberhardt qui était venu pour interviewer les blessés d’El-Moungar… Cette dernière avait adhéré depuis son entrée en Algérie à l’ordre mystique le plus prestigieux du monde musulman El Kadirya. Elle était fascinée par une civilisation à laquelle elle consacra l’essentiel de son œuvre littéraire. Son regard envers l’Algérie est un regard où l’exotisme prend une grande place.
Née à Genève le 17 février 1877 et morte à Aïn-Sefra, le 21 octobre 1904 et suite à la crue de l’oued Sefra. Elle est enterrée au cimetière de Sidi Boudjemaa à Aïn-Sefra, le 27 octobre 1904.
3eme récit :
LES RESCAPES DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE - 14/18
Durant la guerre d’Algérie et à la deuxième quinzaine du mois de mai 1960, un jeune militant FLN fut arrêté en plein centre-ville… Sur la table de torture, il finit par avouer : un plan avait ressurgi dans sa tête pour sauver sa vie et pour ne pas dénoncer ses amis militants. Il balança un ancien combattant de la grande guerre de 14/18.
Abdeljebbar était un rescapé de la célèbre bataille de Verdun en Loraine qui s’était déroulée du 21 février au 18 décembre 1916. Durant la fouille de sa maison le colonel Deseze tressaillit, perplexe, il lut à haute voix aux soldats un tableau des décorations honorifiques fixé au mur du salon : « Officier de la Légion d’honneur, Médaille militaire, Croix de guerre, Médaille de Verdun, Croix des combattants volontaires »... De retour à la garnison, l'officier supérieur ordonna la libération du jeune militant.
4eme récit :
AFFAIRE DJEFAL – OULD SBAA
L’affaire avait fait écho en Algérie et en métropole. Un crime était commis, le dimanche du Ramadhan de l’année 1930, au centre-ville... La population de la ville avait passé cette dernière soirée dans l’inquiétude. Tout le monde était étonné et s’interrogeait : « comment se fait-il que durant la nuit de ce mois sacré et à la veille de l’Aïd, un musulman soit assassiné aussi sauvagement ? » Une enquête était ouverte. Après plusieurs mois de recherche, l’assassin et ses complices étaient arrêtés et présentés devant le juge d’instruction. Au procès, Djefal était condamné à mort. Slimane El Ghoul, Laïd et Chérif seront jugés par la Cour de Mascara. Ils étaient accusés de complicités dans d’autres délits.
Slimane el-Ghoul était condamné à vingt-cinq ans de prison pour complicité dans trois meurtres, puis transféré en Guyane Française et ferait route pour le bagne à partir de Saint Martin de Ré sur le bateau « La Matinière » en compagnie d’Henri Charrière « dit Papillon » qui le surnomme « moustache.
Les deux autres ont été condamnés à sept ans de prisons et seront conduits par train à la prison de Berrouaghia.
5eme récit :
LES FRERES MOULAI
Après la Seconde Guerre mondiale, les membres du parti MTLD, réclamèrent l’indépendance de l’Algérie et la libération de Messali Hadj. Des milliers d’Algériens moururent à Sétif, Guelma, Kherrata… un 8 mai 1945. Après ces massacres, le colonel Ardassenoff, et le lieutenant Von Borowski alias Bergeret furent mutés à Aïn-Sefra par mesure disciplinaire…Le mardi 27 août 1946, il fut tué par balle par un des frères Moulaï…
« Le premier, Moulai Tahar, a été condamné à 5 ans de prison. « Le second, Moulai Abdelkader, a été condamné à 10 ans. Il est déclaré décédé le 2 mars 1952.
6eme récit :
UNE SŒUR BLANCHE AU SAHARA
Il s’agit d’une histoire vécue, d’une aventure malheureuse et réelle survenue durant l’année mil neuf cent quarante-neuf. Une histoire véridique qui a bouleversé la congrégation des Sœurs Blanches d’Alger… Un amour jugé impossible entre le musulman Boufeldja et Sœur Catherine…Ce problème a engendré une « affaire d’Etat ». Elle avait secoué les fanatiques de l’Eglise catholique. Elle a rendu complètement fou un certain excentrique ex-dominicain, nommé Bruckberger, Révérend Père Raymond qui trente ans a publié un livre intitulé : « La Bachagha », où il cria au scandale et à l’infamie, le fait qu’une chrétienne parce que religieuse a épousé un musulman.
« A Paris... le couple annonçait leur arrivée avec l’intention d’obtenir le consentement des parents... mais il était devenue la proie livrée à tous les éléments en furie à partir d’Alger. Pour s’emparer définitivement de la jeune femme, on organisa un enlèvement en plein jour à Paris en juillet 1949…
La situation sociale de l’époque coloniale considère l’algérien comme un être inférieur, c’est-à-dire, indigène. Boufeldja, tout seul, par sa sagesse et sa persévérance avait vaincu les forces du mal et à démontrer que la tolérance est la seule garante de la paix entre communauté.
7eme récit :
DAOUI LARBI
Daoui Larbi est né en 1926 à Aïn-Sefra. Il est considéré comme le premier martyr de la région… Audacieux et curieux, il voulait tout apprendre. Quelques sages lui disaient : « C’est dans la politique qu’on devient quelqu’un tout en lui désignant le libraire Si Mekki. Ce dernier l’a convaincu avec ses idées patriotiques et lui a fait comprendre qu’il était temps de militer pour la liberté… Après la seconde guerre mondiale, il a adhéré au Parti du peuple, le PPA-MTLD…
La France préparait la fête du 14 Juillet…Le MTLD voulait manifester pour demander la libération de son leader Messali Hadj et proclamer l’indépendance de l’Algérie…Daoui qui était en visite à Paris, est désigné pour hisser la banderole de : «Vive l’Algérie indépendante, Tahia el Djazaïr ! Libérez Messali Hadj ».
Paris célébrait, ce jour-là, la fête nationale dans l’ambiance populaire et la joie traditionnelle. Deux mille nord-africains, d’après le journal l’Humanité, défilaient devant l’Etat-major communiste place de la Nation en réclamant plus de justice sociale, la liberté du leader algérien Messali Hadj et l’indépendance de l’Algérie. De sanglantes échauffourées ont eu lieu dans cette immense place…Sept Algériens étaient tués pour avoir porté les banderoles, en plus de cent vingt-six autres blessés, dont plusieurs grièvement atteints, transportés à la hâte dans les hôpitaux. Parmi les sept morts figurait Daoui …
Le 6 juillet 2017, une plaque commémorative était apposée par la mairie de Paris pour leur rendre hommage, 12 avenue du Trône qui jouxte la place de la Nation.
8eme récit :
FOLKLORE : GNAWA OU LE DIWAN DE SIDI BLAL
Descendant de l’ancien empire du Soudan
Les confréries noires « Gnawa », dîwân de Sidi Blal de soufisme populaire font partie du folklore musical qui appartient à la mémoire collective et historique des peuples. Elles sont assez vivantes dans le Sud-Oranais et sont répandues dans tout le Maghreb…
Les Zénètes créèrent une musique polyphonique en préservant les mêmes outils d'expression : instruments à percussion, le « gumbri » remplaçait la cithare… Un chant est créé, c'est « l'ahellil »…
Malgré cette alternative pour changer les chants et danses antiques qui sont transmises de père en fils, ils continuèrent, tout en respectant les limites prescrites par les Zénètes, d'organiser leur « lila » lunaire ancestrale, la danse de possession « Bori »…
Chaque année, lors de la pleine lune du début du mois de septembre, ils célèbrent le maârouf et prennent les spectateurs à témoin pour que nul n'oublie les offenses et les humiliations subies par leurs frères pendant des siècles…
Ces fameuses veillées auraient un véritable pouvoir thérapeutique : Le rituel menait le corps jusqu'à la transe pour le libérer de ses mauvaises vibrations.
FIN