19 Février 2023
La ville d’Ain-Sefra était la capitale du Sud oranais et le siège du territoire militaire (Subdivision militaire autonome) allant de Ras-el-Ain à Adrar, considéré comme le plus sanglant à l’époque, et comme zone stratégique face à une résistance farouche des tribus de la région et à un Maroc plongé dans l’anarchie.
Ain-Sefra, la source dorée, la source pure qui coule des dunes immaculées, située au centre géographique des montagnes, se distingue par son imposante montagne de fond bleu « Le djebel Mekter » (2061m) qui fait harmonie avec d’immenses dunes de sables disparaissant à l’horizon, un véritable musée à ciel ouvert, tout le long du massif des Ksour ; une région parsemée de dessins rupestres représentant tous les étages du néolithique (du naturaliste au libyco – berbère), un paysage très diversifié (oasis, vieux ksour, tours historiques, une multitude de tumulus, citadelle fortifiée de Bouamama, source thermale de Ain-Ouarka au paysage lunaire et aux gouffres jamais explorés et enfin la station de gravures rupestres de Tiout découverte en 1847 par l’expédition du général Cavaignac. Cette capitale est connue par sa résistance glorieuse face à l’occupant : l’insurrection du Cheikh Bouamama qui a duré plus de vingt cinq ans, l’héroïsme du combattant Mohamed Ould Ali face au colonel Billet au djebel Beni-Smir. A ce jour on peut lire sur la stèle : « Beni-Smir, 5 Novembre 1881 : lieutenant Ledrapier, caporal Bilquez, zouave de 1ère classe Chautboudon, zouaves Orain, Bau, Roche ». (Ouest Tribune N° 714 du 15/03/1995)
Le 9 octobre 1900, on annonçait la mort de Mohamed Ould Ali, de la grande tribu des Ouled Abdellah , appellé le lion du djebel Beni-Smir. Un massif imposant qui domine la frontière marocaine, il est prolongé au Nord par le djebel Soffah, son point culminant est au Ras-Beni-Smir (2.160 m).
Vu les défaites de plusieurs batailles et plusieurs accrochages de l’armée française dans cette zone face aux combattants de Mohamed Ould Ali. Cheikh Bou Amama lui avait demandé des renforts pour attaquer toute une armée positionner au alentour de la palmeraie de Fendi dont la tribu des Ouled Abdellah possédaient la majorité des palmiers. Une centaines de combattants avaient pris le chemin vers Fendi passant par Figuig.
L’occasion enfin c’était présenté pour mettre fin à ce rebelle impénitent. Ayant pris connaissance de ce mouvement, le Colonel Billet adressa au général commandant la division d’Oran une lettre datée du 04 septembre 1900 : « …La mission est confiée à des fantassins, l’opération devra être organisée de façon à amener la capture ou la destruction des malfaiteurs réfugiés dans le Béni-Smir et qui sont loin d’être une quantité négligeable : leur nombre serait, en effet, d’environs 130, bien armés, excellents marcheurs ; connaissant à fond la région dans laquelle ils opèrent. Dans ces conditions, je proposerais de les faire attaquer par trois à quatre cent fantassins, armés de fusils 1874 et soutenus par des goums.
« Pour stimuler leur zèle, on pourrait leurs laisser carte blanche (aux goums) et leur assurer la propriété du butin qu’ils auront fait : armes ou effets appartenant à l’Etat exceptés. La perpective de voir vendre au profit de l’Etat les prises faites par eux serait de nature à refroidir leur ardeur.
« Je proposerais enfin qu’une prime de 200 F. soit accordée pour la capture de tout malfaiteur convaincu d’avoir pris part à un crime perpetré sur notre territoire ou à une attaque contre nos postes…
« De faux bruits sont lancés et Bou Amama lui-même, bien que mettant tout le monde en garde contre nous s’y est laissé prendre comme en témoigne sa correspondance saisie le 2 au matin par le lieutenant Berriau…
Dans le rapport du 9 octobre, le colonel Billet écrivait :… 500 cavaliers et 312 goums ont pris l’assaut du Béni-Smir. Il fallait les attaquer simultanément par le nord et le sud pour les prendre entre deux feux…Pendant l’attaque on relève au passage les cadavres de Mohammed Ould Ali et de ses deux fils dont les têtes sont coupés » . (1)
On apprend que les blessés rebelles ont été acheminés à la Zaouia de Bou Amama pour être soignés.
Durant cette année, le tronçon de chemin de fer Aïn-Sefra – Djenien Bourezg (80 kms) était achevé. Le gouverneur général de l’Algérie, le général Laferrière devrait venir pour l’inaugurer. Le commandant de la garnison de Djenan Dar avait invité Cheikh Bou Amama à la fête, mais ce dernier avait répondu par une brillante attaque surprise faisant plusieurs morts du côté de l’ennemi.
Le 8 février, Le général Laferrière fut reçu à sa descente du train par le colonel Billet commandant de la subdivision d’Aïn-Sefra, le Bachagha, chef de la communauté musulmane, l’agha et les caïds de la région. Il était accompagné par des parlementaires dont Etienne, député de la province d’Oran, le général Risbourg, commandant des forces armées de l’Oranie et des journalistes qui étaient venus d’avance et avaient pris des chambres au Sud Hôtel de la ville. Une grande reception était organisée sous le son des fanfares et de la Ghaïta. Après une visite éclaire à la caserne, le train continua son chemin au bourg de Djenien Bourezg. A sa descente, au son de la fanfare, le gouverneur passa en revue les troupes des Chasseurs d’Afrique aux uniformes décorés de boutons dorés étincelants puis il arriva jusqu’à l’agha et sa suite revêtus de burnous écarlates et blancs en lui souhaitant la bienvenue en criant : Vive Laferrière ! Vive Laferrière ! Puis il se dirigea vers la gigantesque tente aux pans tapissés de drapeaux tricolores et de nombreux oriflammes aux sons de la Ghaïta et les youyous. On leur servit la « diffa » d’honneur dont l’agha en personne leur appris comment manger le méchoui avec les doigts. Puis à la fin du fameux repas, il consentit à prendre la parole devant une langue table dressée pour le discours. Quatre officiers lui présentèrent les têtes coupés de Mohamed Ould Ali et ses deux fils. Il dit à haute voix : « Après plusieurs années de combats, Messieurs, la station de Djenien Bourezg nous permet d’avancé vers l’autre station plus importante celle de Béni-Ounif qui fait face à Figuig la marocaine. Il nous restera que 150 kms pour atteindre Colomb Béchar puis la pénétration dans le Sahara qui nous ouvrira la porte de l’Afrique Noire ».
1- Rapport du Colonel Billet.
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1 - Un jour, un invité, un vieux bédouin se trouvait dans une tente d'un riche éleveur qui possédait des centaines de moutons. A l'intérieur de la tente, enveloppé dans un vieux burnous, un vieillard mégrichon dont les mains tremblaient sans cesse et la salive coulait sur sa barbe grisâtre. Une maladie de Parkinson. Un jeune serviteur aborda le vieux et lui dit : Tu vois ce vieillard ! Il était dans le passé un héros. Le meilleur des Goums. Il a liquidé le plus grand coupeur de route de la région, un certain Ould Ali. Il lui a tiré par derrière, deux balles dans le crâne.
L'invité était un membre de la famille du moudjahid Mohamed Ould Ali. Il a demandé au serviteur de lui raconter son histoire : A propos de la mort de Mohammed Ould Ali, son assassin, était un certain Regragui, chef de groupe d'un Goum. Il était sans pitié avec les faibles. Un homme sans scrupule. Il dit avoir fait un rêve étrange la veille de l'attaque : " J'ai vu que je portais un lourd fardeau., Un tronc d'arbre, tout en gravissant une colline rocheuse dont je n'arrivais pas à voir le sommet. Arrivé au milieu, la sueur coulait sur tout mon corps, mes yeux m'aveuglaient. Je haletais, la bave débordait de ma bouche, puis je m'écroulais, évanoui. Mais je n'ai rien senti. Et je me suis réveillé en tremblant. Le plus vieux du groupe lui dit :" Tu vas commettre une faute grave, impardonnable...Mais tu vivras longtemps, jusqu'à l'âge où ton corps commencera à trembler comme une feuille et tes yeux se fermeront pour toujours pour le peu de vie qui te reste. Qu'Allah te pardonne dans l'au-delà ?
Allah Yar Ham Echouhada ! Gloire à nos martyrs !